Vers Shizen

Installation en porcelaine papier – bois brûlé – gravier de marbre blanc – grès – 3x2m – 2018.

La lumière m’a toujours fascinée. Elle est depuis près de 25 ans le fil conducteur de mon travail d’artiste, révélant l’aspect « vivant » des sculptures que je crée.

Le projet d’installation que j’ai proposé au Musée de l’Impression sur Étoffes a eu pour objectif de mettre en lumière le motif floral d’une façon différente que le fait l’impression textile ; l’installation a été d’une part un hommage au patrimoine du Musée qui célèbre la tradition textile franco-japonaise, particulièrement forte en Alsace et à Mulhouse, et d’autre part un hommage au Japon mis à l’honneur cette année 2018 pour les 160 ans des relations France – Japon.

Il s’agit d’une oeuvre unique qui a suscité 10 mois de recherches et d’expérimentations. Le projet s’est enrichit au fur et à mesure de son avancée de part les échanges et rencontres, pour aboutir à la création de cette installation.

J’ai eu le privilège d’accéder aux réserves du Musée, une vaste source et richesse d’inspiration pour mes recherches. Mon attention a été particulièrement captivée par une multitudes de pochoirs japonais de la moitié du 19ème siècle, servant à l’impression textile, d’une grande beauté et d’une minutie d’exécution exceptionnelle. J’en ai retenu 3 qui m’ont servit de base de travail comme motif floral à exploiter avec différentes techniques céramiques pour ce projet. Également des planches sculptées de motifs floraux servant à imprimer sur textile, ont suscité mon vif intérêt pour les utiliser comme « tampon » sur les plaques de porcelaine papier du futur Kimono.

Shizen signifie « soi même » et « ce qui est ». Cela exprime tout ce qui est naturel ou l’état naturel des choses, sous entendu « sans artifice » qui est la base de tout au Japon y compris du concept de « beau ». Plus c’est shizen (naturel donc asymétrique, imparfait, irrégulier, éternel…) plus c’est beau dans la tradition japonaise.

Le Kimono est comme une présence lumineuse semblant flotter au milieu d’un jardin zen traversé par un chemin en bois brûlé (Shou-sugi-ban : technique ancestrale japonaise). « Vers Shizen », c’est emprunter le chemin pour aller vers sa nature profonde – sa propre lumière – sa vérité… C’est une lumière intérieure et mystérieuse qui est transmise, une passerelle vers un monde inconnu… le mien, le votre.

La mise en scène de celle-ci a été inspirée d’un songe du disciple Yasushi Inoue (dans son roman « Le maître du thé ») de son Maître de thé Sen no Rikyu au 16ème siècle.

Deux tableaux accompagnent l’installation et ont fait partie de ce projet : « Fleur » Bois brûlé – porcelaine papier – 137x137x6,5cm Inspiré d’un pochoir japonais de la moitié du 19ème siècle, une pivoine stylisée. Tableau placé à proximité de l’installation.

« Shizen » Bois brûlé – porcelaine papier – 137x137x6,5cm Inspiré de l’idéogramme japonais du mot « nature », réalisé à l’aide de la création d’un pochoir. Tableau placé dans une vitrine du hall d’entrée du Musée.